GALGOS LIBRES - Association pour l'adoption de galgos et podencos.

J’ai vraiment cru que mon heure allait venir, mais une étoile devait sûrement veiller sur moi, parce qu’une dame est arrivée et m’a libéré, moi et 8 autres galgos.


Ils regardent ma patte, ils ont l’air inquiet. Ils me pansent, mais ne peuvent faire plus. Et voilà, eux aussi vont se débarrasser de moi à cause de ma patte, c’est sûr. Je ne vaux rien.
Un mois passe. Et des voitures arrivent.
Ils embarquent plusieurs chiens, ils ont l’air heureux.
Moi aussi je pars, où m’emmènent-ils ?
Je vis maintenant dans une maison, avec des humains, et deux autres chiens. il y a d’autres animaux : on m’a dit que ce sont des chats. C’est comme des chiens, en plus petit. On m’a opéré, recousu mon talon d’achille et posé un plâtre. Je ne peux pas bouger ma patte le temps qu’elle cicatrise.
Un mois plus tard, on m’a enlevé mon plâtre, mais je ne sais plus utiliser ma patte : il faut dire que j’ai marché sur trois pattes pendant longtemps, et les muscles ont fondu.
Il faut entamer ma rééducation, et pour cela Evelyne est là. Évelyne, c’est ma maman. Quand je suis arrivé en France. J’avais peur de tout, de tout le monde. Je n’ai jamais vécu dans une maison, partager la vie des hommes 24h/24 était très stressant pour moi, je devais sans cesse les surveiller, au cas où je ferais quelque chose de mal et que je sois puni. Mais ils ne l’ont jamais fait. Alors petit à petit je me suis détendu. Evelyne est gentille avec moi, j’ai découvert les câlins, les mots doux. Finalement les hommes ne sont pas tous mauvais, finalement ça n’est pas si mal de vivre avec eux.
À contre cœur, Evelyne sait qu’elle ne peut pas me garder. Elle m’annonce qu’une autre maman m’attend en Belgique, et qu’elle va venir me chercher.

L’une d’elle me regarde et m’appelle. Qu’est-ce qu’elle me veut ? Pourquoi elle me regarde comme ça j’ai fait quelque chose de mal ? hooo je préfère rester en retrait, ne prenons pas de risques.
Après quelques appels infructueux, la jeune fille se désintéresse et joue avec India et Cachou… moi j’observe de loin… je les suis à distance raisonnable.
Mais lorsqu’elle se retourne je recule.
Cachou et India ont de la chance d’avoir autant de calins, et Evelyne qui n’est pas là, mais moi aussi je veux des caresses ! Bon… j’y vais ou je n’y vais pas ? Allez, je me lance, je m’approche, elle tend la main, ça y est, elle m’a touché et je n’ai pas reculé. Ce n’était pas si compliqué ! Tout le monde est très heureux autour de moi !
Et voilà qu’elles m’emmènent, mais où je vais encore ?
Dans la voiture, la fille est douce et calme, elle est gentille. Elle me rappelle Evelyne. Serait-ce elle ma nouvelle maman ?
Arrivé dans ma nouvelle maison, sortie au jardin.
Je découvre que j’ai deux nouveaux copains. Au début j’ai peur, et il ma faudra du temps pour avoir confiance en Yanou, le plus grand des deux. 4 mois. Pendant 4 mois je ne lui faciliterai pas la vie. J’avais peur de lui, je lui arrachais des poils quand il passait à côté de moi, pour qu’il comprenne bien qu’il ne doit pas m’ennuyer ! mais après 4 mois, j’ai réalisé qu’il ne m’avait jamais fait de mal, qu’il avait toujours été très patient avec moi et qu’en dépit de tout les poils arrachés, il ne s’était jamais retourné contre moi.
Finalement je l’aime bien.
Premier portrait Premier jeu Premier dodo sur le dos
J’ai très vite eu confiance en ma maman, mais avec les autres ce n’était pas pareil. Ma maman a su me déchiffrer : par exemple, lorsqu’on me fixe, je prend peur, et n’ose plus approcher. M’appeler en me regardant pour me mettre la laisse ne sert donc à rien, je ne m’approche pas et me tient éloigné. Elle me tournait alors le dos et s’en allait. Quoi ? Partir sans moi ? Mais où vas-tu ? Et je suivais.
Et au fil des mois j’ai beaucoup observé Yanou et Billy, ils n’ont pas peur eux. Et après trois mois, ma maman s’est rendue compte que les passants ne me faisaient plus peur, ni les chiens étrangers.
Tout d’abord avec une laisse à enrouleur, et les biscuits. J’ai vite compris que lorsqu’elle disait « ici », je devais revenir à ses côtés et que je recevais un biscuit.
On a alors trouvé une grande prairie clôturée, spécialement conçue pour les chiens. Là j’a pu me promener sans laisse, et on a pu voir comment je réagissais face aux autres chiens, aux aboiements, aux prises de tête, comment je réagissais si un homme tentait de me caresser. Et dans cet enclos, vous savez quoi ? il y a des lapins. On a donc pu tester le rappel en présence de ces petites boules de poils !
Le rappel fonctionnait, je revenais, mais, tout de même ! Je m’éloignais fort parfois, vont-ils me gronder d’avoir été si loin ? Ou d’avoir été joué avec ce labrador ? Alors je revenais mais restais à un mètre de maman. On ne sait jamais. Et maman ne savait pas me rattacher. Elle allait alors s’asseoir sans se soucier de moi et je finissais par aller lui demander une caresse. Elle me rattachait alors et nous quittions l’enclos.
Le rappel n’étant pas parfait, on a alors travaillé avec une longe. Je pouvais courir comme je voulais dans l’enclos, mais une longe attachée au harnais et trainant derrière moi.
Quand ma maman appelait je revenais. À un mètre, elle mettait alors son pied sur la longe, tirait doucement en disant « ici », et quand j’étais contre sa jambe elle me donnait un biscuit. Je n’étais pas grondé d’avoir joué, couru !
Après quelque temps j’ai compris, et je revenais au moindre rappel me coller à elle pour avoir mon biscuit.
J’ai alors pu être lâché en totale liberté, mais toujours dans un endroit sans voiture (je ne fais pas très attention quand je cours comme un fou), que je connais bien, et dont je connais le chemin pour rentrer à la maison. on ne sait jamais si quelque chose de très effrayant arrivait, je ne serais pas perdu et saurait comment rentrer. Heureusement ce n’est jamais arrivé
Par précaution, j’ai gardé la longe pendant les premières sorties en liberté, qui sait ? Le fait d’être lâché dans un lieu où je ne l’avais jamais été aurait pu susciter un stress.
Mais ça ne fut jamais le cas, je suis toujours revenu au pied facilement et on a pu ôter la longe.
Ma maman et moi avions fait le gros du travail. Je n’avais plus de peur « irraisonnée » je tentais même de temps en temps une petite caresse auprès d’un promeneur.
À la maison, je suis plus joyeux, j’ai 3 nouveaux amis : Diego, Alicia et Luna qui sont venus agrandir la meute.
De mon regard triste il ne reste plus rien, ma joie de vivre est plus grande de jour en jour, je me montre de plus en plus câlin et confiant avec tous.
Mais maintenant je peux courir à chacune de mes promenades et j’ai la chance de sortir trois fois par jour quelque soit le temps ! Et le week-end, promenade au bois en prime !
Alors pendant encore 6 mois j’ai pu me muscler lors de mes courses folles avec ma grande copine Alicia.
Maintenant que je n’ai plus de peur dans la vie quotidienne, ma maman et moi faisons des rencontres lévriers. La communauté « lévriers » de Belgique n’est pas très grande, mais on s’est vite trouvés, et souvent des promenades aux 4 coins de la Belgique sont organisées. C’est chouette les petits pays ! Que de découvertes !
Ainsi nous avons pu découvrir la nature Namuroise, la plage et les joies de sentir le sable s’affaisser sous mes coussinets lorsque je cours !
Nous avons fêté tous ensemble la saint-hubert et avons été bénis par un prêtre.
Et nous avons découvert le monde de la PVL, poursuite à vue sur Leurre, qui nous permet de goûter aux joies de la chasse, l’adrénaline pour attraper la proie factice, élaborer une technique de chasse !
Ça peut être une alternative de défoulement pour les lévriers qui ne peuvent pas être lâchés comme moi en promenade, par faute de rappel, souvent à cause d’un instinct de chasse trop prononcé.
Je suis aussi très gâté par ma maman, et j’ai toute une collection de colliers faits main (au profit de mes compagnons de misère qui sont encore en Espagne).
Un polaire pour l’hiver, des pompons pour agrémenter mes colliers… ma garde robe est bien remplie !
Bon d’accord, je pète et j’aboie un peu trop pour un lévrier, que voulez-vous personne n’est parfait ! Mais pour ma maman, je suis le meilleur des petits galgos dont on puisse rêver… savez-vous ce qu’elle me dit ?
Ce sont tous ces humains qui ont eu confiance en moi alors que je n’y croyais plus, qui m’ont permis de retrouver de l’assurance et la force de revivre et de regarder au loin l'avenir devant moi.
Lince